Pour des leaders servants, dans nos entreprises et en politique

i-741507_1920L’humilité est une vertu très peu présente en politique. Difficile de s’en étonner suite à l’élection du « Moi, président ». Car l’élection présidentielle française de 2012 était bien loin du « Yes, we can » d’Obama. Et il n’y a guère de changement depuis, tant les égos de nos politiciens sont surdimensionnés.

Récemment, Manuel Valls en a donné un exemple frappant, en répondant au départ d’Emmanuel Macron :

« Vous savez, Emmanuel Macron, on parle de la gauche du réel, de la gauche social-réformiste qu’il veut incarner. Mais cette gauche du réel, cette gauche social-réformiste, cette gauche qui assume les responsabilités de l’exercice du pouvoir, c’est moi.»

Je ne néglige pas qu’il y a là avant tout un enjeu de positionnement politique, mais comment ose-t-il dire que la gauche du réel, c’est lui ? Hors de lui, point de salut, semble-t-il affirmer ! Lire la suite

La publicité n’influence-t-elle que les autres ?

times-square-336508_640La publicité est omniprésente : télévision, radio, Internet ou panneaux dans la rue. Et cela ne semble jamais suffire : elle se répand même aux caisses de supermarchés ou dans des stations essences. Notre attention est un bien trop précieux, qui se marchande, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Patrick Le Lay,  alors PDG de TF1, avait scandalisé tandis qu’il assumait – avec certes un certain cynisme – le modèle économique de sa chaîne de télévision :

« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).

Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…). » [i]

C’est bien sûr aller jusqu’au bout de la logique, mais ce n’est finalement que cela. Lire la suite

FUTU.RE – Un être illimité dans un monde fini

futureJe suis tombé un peu par hasard sur le roman FUTU.RE de Dmitry Glukhovsky publié chez l’Atalante.

Le livre imagine que nous obtiendrons l’immortalité, en devenant capables d’arrêter le processus du vieillissement et de la dégradation du corps. L’Europe, qui se veut humaniste, souhaite que tous ses habitants puissent bénéficier de l’immortalité. Mais malgré, les immenses gratte-ciel et la quasi disparition de la nature, les limites de la planète sont évidentes. Alors, dans ce monde surpeuplé d’immortels, l’Europe décide de mettre en place la loi du Choix : les parents qui mettent au monde un enfant doivent le déclarer et choisir celui d’entre eux qui recevra l’injection qui le fera mourir, en relançant et en accélérant le processus de vieillesse, lui laissant une dizaine d’années à vivre avec son enfant.

Le style est incisif, parfois cru, mais surtout très efficace et on se laisse facilement prendre par l’histoire.

 

Ce roman va toutefois bien au-delà d’une simple histoire. Il décrit avec une grande pertinence cet avenir finalement bien sombre. Dans cette société débarrassée de la mort, l’homme s’érige alors en surhomme. Lire la suite

Des larmes virtuelles ?

social-1206612Il est bon ton, à l’heure des réseaux sociaux, de valoriser l’idée de la « vraie vie » comme si le temps passé sur Internet n’était qu’un substitut, une fuite de notre existence dans un monde virtuel. Il est d’ailleurs étonnant de constater que ce type de discours est facilement tenu sur les réseaux sociaux eux-mêmes.

Et pourtant, autour de nous, de véritables rencontres ont lieu, parfois même des couples se forment. Les échanges sur Internet peuvent en effet être très profonds, aidés par l’écrit et la distance avec le destinataire. Un véritable cœur à cœur est possible. Il n’a rien de virtuel.

 

Il ne s’agit pas de nier que la communication en ligne porte inévitablement en elle-même une limite indiscutable. Notre corps permet de tant transmettre ce que nous sommes en profondeur, tout ce que nos mots ne parviennent pas à exprimer, Lire la suite

La confiance dans nos existences fragiles

peace-1290401Chacun de nous fait une expérience difficile, douloureuse, l’expérience de la fragilité de notre existence :

– Fragilité de notre vie elle-même tout d’abord. Le terrorisme ou les accidents de la route nous rappellent cruellement que tout peut arriver, n’importe quand et que nous ne sommes jamais préparés face à de tels drames, surtout si soudain.

– Fragilité de notre vie professionnelle aussi. Beaucoup en sont bien conscients face au chômage de masse, aux emplois précaires, mais c’est une réalité pour tous. Qui sera réellement soutenu par son employeur, son manager quoi qu’il arrive ? Si la place ou la carrière  de son responsable est en jeu, un jeune talentueux peut très bien devenir le bouc émissaire idéal.

– Fragilité aussi de nos vies familiales, de nos couples qui n’est que chaque jour trop visible.

 

L’expérience de la fragilité est fondamentale. Elle nous oblige à savoir en quoi ou en qui nous mettons notre confiance. Lire la suite

Pourquoi ce blog ?

Souvent, je m’interroge en voyant autour de moi une méfiance quasi généralisée vis-à-vis des intentions des actes des autres. Une vision qui se veut sans illusion, mais qui me semble surtout désabusée. Les exemples sont multiples : « Pour en être arrivé là, il a forcément dû se salir les mains », « Comme tous les politiques, il ne cherche qu’à conserver le pouvoir », « Il m’a fait ce compliment parce qu’il attend quelque chose de moi », etc. Ils ont commun l’idée que l’autre ne peut réaliser un acte qu’intéressé. Bien sûr il existe tant de tromperies, tant de techniques de communication qui travestissent la réalité, tant d’artifices que ces pensées sont compréhensibles. Mais je crois que cela nous montre au contraire l’urgence de la gratuité, de poser des actes désintéressés et de croire que d’autres peuvent en poser.

Je crois que la gratuité est essentielle, comme un trésor précieux qu’il nous faut (re)trouver et défendre. Elle est d’autant plus précieuse qu’elle échappe aux critères consuméristes, matérialistes, qui bien souvent nous appauvrissent car ils nous éloignent d’une richesse bien plus grande. Lire la suite